présentation
Rénové en 1996 et classé Monument Historique, l'Athénée
Théâtre Louis-Jouvet compte parmi les plus belles salles à
l'italienne de Paris.
Aux richesses architecturales de l'Athénée s'ajoute un inestimable
patrimoine artistique marqué par la figure de Louis Jouvet qui a dirigé
le théâtre de 1934 à 1951.
Aujourd'hui théâtre public, subventionné par l'Etat
depuis 1982, l'Athénée Théâtre Louis-Jouvet donne
à entendre, dans une salle aux résonances exceptionnelles, de
grands textes des répertoires théâtral et lyrique, dans
des mises en scène innovantes, parfois insolentes, et des créations
contemporaines, toujours dans le souci de les rendre accessibles à un
public aussi large que possible.
Ses mots d'ordre : qualité littéraire et prééminence
du jeu de l'acteur ou bien : des textes et les voix qui les portent !
De nombreux concerts prennent place également dans cette salle à l’acoustique remarquable.
Assumant pleinement sa vocation de théâtre citoyen, l'Athénée
Théâtre Louis-Jouvet ambitionne de toujours accompagner ses publics
dans sa rencontre avec les œuvres et de rester ouvert sur les questions
de son temps (débats d'idées, propositions pédagogiques…).
historique : de l'Eden à l'Athénée

Au commencement était l'Éden-Théâtre, lieu mythique,
édifice colossal bâti rue Boudreau au début des années
1880 selon une esthétique naïve de temple hindou, un bazar des mille
et une nuits tout à la fois féerique et exotique, « prodige
d'originalité, de magnificence et de confortable » selon les termes
d'un chroniqueur de l'époque.
Lieu fabuleux, impossible théâtre, l'Éden ne dure pas. Quelques
années seulement d'une existence précaire et mouvementée
à la fin des années 1880, au début des années 1890.
Une série de métamorphoses et de réaménagements
conduisent peu à peu au démantèlement de ce que l'on a
surnommé « le gouffre de la rue Boudreau ». Plusieurs fois
fermé, transformé, rebaptisé un temps Grand-Théâtre,
l'Éden finit par disparaître.

Un autre théâtre pourtant prolonge la généalogie
du lieu. À sa manière, en plus petit, en plus intime. Dernier
éclat d'un rêve mégalomane placé sous le signe du
gigantisme, l'actuel Athénée, dont la salle est aménagée
en 1893 dans l'un des foyers de l'Éden, s'ouvre au public, la même
année, sous le nom de Comédie Parisienne. Ce nouveau théâtre
incarne a contrario une rêverie de l'intimité, une poétique
de la proximité et, pourrait-on dire, l'aboutissement d'une intégration
réussie à l'urbanisme parisien, au style de son habitat fin de
siècle.
L'inauguration définitive du lieu sous le nom d'Athénée
a lieu en 1896. Année qui figure sur le fronton du théâtre.
C'est également en 1896 que s'est produite la dernière grande
transformation du bâtiment : le report de la façade de la rue Boudreau
sur le square de l'Opéra, qui devient en quelque sorte le premier vestibule
du théâtre. Dans l'idée, sans doute, de renforcer par ce
nouvel accès retranché de l'agitation urbaine des rues environnantes,
l'intimité du lieu théâtral. Environ un siècle après
l'aménagement de l'Athénée sur l'emplacement d'un paradis
perdu, subsistent encore quelques traces au-dessus de la coupole de la salle
: un plafond décoré de motifs indiens, rouges, noirs et bruns,
derniers vestiges incongrus et émouvants de l'Éden-Théâtre.
Louis Jouvet : vers le théâtre d'art

Aux richesses architecturales de l'Athénée s'ajoute un inestimable
patrimoine artistique : la figure de Louis Jouvet qui dirigea ce théâtre
de 1934 à 1951, date de sa mort, a profondément marqué
un lieu qui lui rend hommage en portant son nom. Ce grand acteur populaire,
chéri du cinéma, était avant tout un homme de théâtre.
De cet art, avant de devenir le metteur en scène et le comédien
que l'on sait, il aura exploré tous les recoins : machiniste, costumier,
accessoiriste, peintre et éclairagiste. Rien d'étonnant de la
part de celui qui se plaisait à dire que « l'humble connaissance
de la pratique est le chemin le plus sûr pour aller à la vérité ».
La leçon d'exigence d'une personnalité sans concession, qui aura
su défendre tant la création contemporaine (Giraudoux) que la
redécouverte des classiques (Molière, Corneille...), et dont l'ombre
habite toujours la salle à l'italienne qu'il aima entre toutes. Sa rencontre
avec cette salle est pour lui une expérience forte qui lui permit un
renouvellement de son art dramatique. Le rapport intime qu'offre une salle
à l'italienne entre la scène et les spectateurs aura influencé
sa manière de faire du théâtre. Conscient des limites de
l'« ordre shakespearien », il s'extasie sur les vertus
de l'« ordre italien » et plus particulièrement sur
la mécanique de cette puissante machine à décors. Il créa
notamment L'Ecole des femmes avec la complicité de l'artiste
plasticien Christian Bérard qui inventa le décor des « murs
ouvrants » permettant de représenter à la fois les murs
de la maison d'Agnès et le jardin et la place publique où
se déroule une bonne partie de l'action.
Dans les années qui suivent la disparition de Louis Jouvet, d'autres
grandes personnalités ont investi, l'espace d'un ou plusieurs spectacles,
le plateau de l'Athénée : Peter Brook, Jean Vilar, Claude Régy,
Matthias Langhoff, et des acteurs comme Pierre Brasseur, Maria Casarès
et Jeanne Moreau.
Puis, la direction novatrice et éclectique de Pierre Bergé,
entre 1977 et 1981, voit l'ouverture, sous les combles de l'Athénée,
d'une petite salle baptisée du nom de Christian Bérard et consacrée
principalement au théâtre d'essai. Avec les Lundis Musicaux,
il donne à entendre les plus belles voix lyriques de notre temps. Plus de 250
soirées prestigieuses pour des récitals de : Ruggero Raimondi,
Felicity Lott, Barbara Hendricks, José Van Dam, Jessye Norman, Kiri
Te Kanawa, Montserrat Caballe…
Côté théâtre il reçoit Antoine Vitez, Jean
Marais, Pierre Dux, Delphine Seyrig, Sami Frey...
L'aventure d'un théâtre public : depuis 1982
En 1982, Pierre Bergé alors directeur de ce théâtre privé
en offre la tutelle au Ministère de la Culture et de la Communication.
Le début d’une autre aventure !
Josyane Horville en prend alors la direction. Elle invite alors des compagnies
sans lieu fixe : « le rendez-vous des compagnies subventionnées
», tel est le slogan. Place aux jeunes metteurs en scène : Daniel
Mesguich, Alain Françon, Christian Rist, Brigitte Jaques. Maria de
Medeiros y côtoie Philippe Clévenot... un foisonnement théâtral
dont on retiendra, entre autres, le fameux Elvire-Jouvet 40...
Patrice Martinet, fondateur du Festival Paris Quartier d'été,
qui prend la direction de l'Athénée le 1er juillet 1993, affirme
une nouvelle politique artistique. L'Athénée trouve désormais
sa place entre tradition et modernité en revendiquant deux caractéristiques
fondamentales : qualité littéraire et dramatique des textes représentés
et prééminence du jeu de l'acteur.
Patrice Martinet profite du centenaire de l'Athénée, en
1996, pour engager une très importante campagne de travaux visant à
retrouver tant la splendeur de son architecture et de son décor qu'un
équipement scénique remis en état et capable de mieux servir
encore la création théâtrale. Menés en plusieurs
phases, les travaux ont eu pour objet :
- la restauration de la façade
principale avec restitution de ses dispositions d'origine et, en particulier,
du balcon du premier étage
- l'amélioration de la sécurité et du confort du
public (modernisation du réseau électrique, chauffage et ventilation)
- la réfection totale de la cage de scène
- la restauration, dans la grande salle et les coursives, de l'ensemble
du décor, des revêtements et des fauteuils et la restitution, dans
la grande salle, d'aménagements préexistants : éclairage
d'origine, baignoires et fosse d'orchestre.
Plus confortable, plus beau encore, l'Athénée Théâtre
Louis-Jouvet s'engage résolument dans le XXIème siècle.

© Fabien Calcavechia |
 © Fabien Calcavechia |

© Fabien Calcavechia |
L'hommage exceptionnel rendu à Louis Jouvet pour le cinquantième
anniversaire de sa mort, au cours de la saison 2001-2002, a revisité
plusieurs spectacles créés par « le Patron » ; l'on
retiendra
L'École des femmes (mise en scène : Jacques
Lassalle),
Les Bonnes (mise en scène : Alfredo Arias),
Le
Diable et le Bon Dieu et
Dom Juan (mises en scène : Daniel
Mesguich),
Knock (mise en scène : Maurice Bénichou, avec
Fabrice Luchini).

Anatole © Antoine Girard |

L'Ecole des femmes © C et B Palazon |

Le Balcon © Patrick Burnier |
Ont notamment travaillé à l'Athénée, ces dernières
saisons : Philippe Caubère, Fabrice Luchini, Valère Novarina,
Jean-Marie Villégier, Marcel Bozonnet, Joël Jouanneau, Daniel Mesguich,
Claude Stratz, Jacques Lassalle, François Rancillac, Hans Peter Cloos,
Niels Arestrup, Zabou Breitman, Dominique Valadié, Michel Fau, Hugues
Quester, Pierre Vaneck, Catherine Rich, Edith Scob, François Marthouret,
Nathalie Richard, Gilles Arbona, Michel Didym, Jean-Luc Lagarce, Didier Sandre, Roland Bertin…
La programmation fait la part belle à la musique : concerts (cycle avec
Radio France, l’Orchestre Ostinato, l’Orchestre Philharmonique de
Berlin, résidence du Quatuor Psophos), opéras (
Reigen
de Philippe Boesmans,
Larmes de couteau de Bohuslav Martinu,
The
Rape of Lucretia de Benjamin Britten,
L'Enfant et les Sortilèges de Ravel et Colette…), opérettes (spectacles
de la compagnie Les Brigands…).

Quatuor Psophos © Denis Rouvre |

Ta Bouche © Elisabeth de Sauverzac |

Le Roi nu © Guy Delahaye |

La Cantatrice chauve © Christian Berthelot |
La saison 2007-2008 a célébré les 25 ans de l’Athénée
théâtre public, réunissant pour une journée du « Patrimoine humain » le 16 septembre 2oo8 tous ceux qui ont « fait » l’Athénée (artistes, techniciens, administratifs).
L’occasion aussi de publier un livre-CD retraçant en souvenirs, images et extraits sonores l’éphémère de ce lieu.
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Sur les 25 ans de l’Athénée théâtre public :
"Si l’on voulait écrire l’histoire du théâtre
Athénée Théâtre Louis-Jouvet, 1982-2007"
(album-souvenir, Biro éditeur, 2007)
Bonus : le CD "Voix de l'Athénée 1982-2oo7"
acheter le livre : 39.90 €
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Pour
en savoir plus
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Sur la période de l’Eden, de Jouvet :
"Athénée Théâtre Louis-Jouvet
: 1896-1996"
(ouvrage avec photos, Ed. Norma, 1996)
Disponible en librairie.
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